mercredi 30 décembre 2009

Mi-temps


La trêve hivernale s'achève bientôt ; expulsion en direction de la capitale allemande.
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La fin de deux semaines de vagabondages ?

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Des vagabondages joyeux et fructueux. Les habituels et les prévus de longue date. Les instinctifs, les inopinés aussi. Ceux qui Rouault et qui Matisse. Ceux qui se réfugient au pub. Ceux qui grimpent Fourvière pour se perdre à Saxe. Ceux qui marchent sans but le coeur léger. Ceux qui photographient. Les tardifs qui écument les magasins. Ceux qui rassemblent la famille. Les cinéphiles, les musicaux. Ceux qui gesticulent. Ceux qui chantent. Ceux qui covoiturent. Ceux qui crêpes et qui gaufres. Ceux qui boivent plus que de raison. Ceux qui réconfortent. Ceux qui Biennale. Ceux qui surprennent et qui embrassent. Ceux qui jacassent. Ceux qui festoient et qui s'esclaffent. Des vagabondages à l'issue desquels les collégiens refusent les fleurs tandis que les petites vieilles vous sourient (...)

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Puis viennent les irrationnels. Ceux qui entraînent jusqu'à l'absurde. Les douloureux. Les sots. Des vagabondages personnels inévitablement perdants. Ceux qui Chevreul. Ceux qui emportent sous la pluie. Les persuasifs. Ceux qui leurrent. Ceux qui détériorent le sommeil aussi bien que la vue. Les compris vers Nancy. Loin d'ici. Ceux qui remontent les rues, toujours les mêmes. Ceux qui pestent. Les indiscrets. Ceux qui mobilisent. Les réprimés. Ceux qui voilent d'inconfortables pans de vérité. Ceux qui égarent et dépossèdent. Ceux qui s'estompent et s'évanouissent dans le lointain du souvenir.

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Peut-on espérer que des paroles non prononcées parviennent à l'oreille sourde devenue inaccessible?

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Les néons bleutés conjurent les mots toxiques. Phares fantômes face à l'informe.

samedi 5 décembre 2009

La Bohème, laaaa Bohèèèèèm'euh!

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Cap sur l'Europe centrale! Ce week-end, nous prendrons d'assaut la capitale tchèque.
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Le bataillon d'infanterie a fière allure le soir du départ. Fébrilité et surexcitation non réfrénée d'une recrue, nervosité d'une autre exaspérée par l'absence inquiétante d'une troisième. Cette dernière erre lamentablement quelques rues plus loin, le nez en l'air à la recherche de son étoile de Bethléem, soit les lumières de la Tour de radio. La Suisse, perdant toute neutralité, a frappé en plein coeur un quatrième fantassin. Et le mercenaire ottoman commence déjà à mesurer l'ampleur de son erreur stratégique.
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On pousse une porte de grange pour déposer une batterie trop conséquente de sacs à dos et le régiment embarque au complet. 5 kinder, 4 crampes et 6h de voyage plus tard, nous atteignons la ville aux cent clochers. Débarquement à la gare routière de Florenc où nous laissons à notre complice local le soin de définir la conduite opérationnelle des prochains jours. Si l'avis n'est peut-être pas partagé par notre ami d'outre-Bosphore, la délégation française s'accorde sur le fait que notre contact praguois s'est révélé à la hauteur de la tâche!
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2 jours et 23h de marches nous ayant permis de se fournir en couronnes, de retrouver ses racines le temps d'un déjeuner, de découvrir les collections du musée Kampa, de jouer les parfaits touristes en guettant la relève de la garde, de greffer un appareil photo au bout des doigts de notre mère berlinoise, de jouer des coudes dans la foule, de se lancer dans la quête d'un abri pour la nuit, de maudire les résidences étudiantes ou du moins la mégère postée à l'accueil, de retrouver nos 17 ans, de boire de la saucisse, de chercher John Lennon, de traverser trente fois le pont Charles, de parcourir chaque ligne de tram et de métro, de grimper et dévaler les collines, de flâner le long des berges de la Vltava, de déambuler dans tous les quartiers de la ville.
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Le lever de soleil, le goulash (non homologué à Istambul), le marché de Noël, Johnny Depp, les arbres aux troncs tortueux, le Kofola et Simplette en prime, nous pouvons gallo-unanimement nous exclamer : "génial!" (sans moquerie aucune ;p).
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"J'en reste sans voix"

samedi 14 novembre 2009

Presto! La la la la la la la la!

Après
  • un choix controversé ("Même si ce ne sera pas le même jeu, j'ai déjà vu la Bohème...", "Roooh, Carmen ne passe qu'en mars 2010!" "Chauvine!" ,"La Traviata me rend mélancolique ; sans moi."),
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  • les calculs et prospectives ("Oui, mais si nous prenons cette place à 4, cela nous permet d'y retourner le mois suivant et nous évite d'avoir à nous décider entre les deux. A moins que la carte...")
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  • l'abandon des suggestions douteuses des réclames pour places restantes à prix cassé (une heure avant le début du 1er acte, on ne peut effectivement en acheter meilleur marché : il n'y en a plus),

nous y sommes enfin.

Un apport didactique? Le Staatsoper (l'opéra d'Etat, car se trouvent également dans la ville l'opéra comique et le Deutsche Oper) est, paraît-il, le plus ancien opéra du monde. Enfin si l'on peut dire, puisqu'il a été détruit par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale mais scrupuleusement reconstruit. On taira le fait qu'il a été réouvert après sa restauration avec du Wagner...

Nous partons avec la perspective de se poster aux meilleures places, prêts à bondir fesses en avant sur le premier siège libre. Il n'est pas possible de trouver des places plus au fond et plus excentrées que les nôtres. Il n'est pas possible non plus d'en trouver des moins chères. A moins d'une conversion à la mode Padaung avec pose immédiate de collier-spirale, peu de chance de voir la scène. Ajouter à cela les séquelles d'un 9 novembre glacial et pluvieux...

Mais ça ne s'est pas tout à fait déroulé de la manière escomptée. Une avance considérable évanouie dans un arrêt de S-Bahn et le 1er acte fut... "minimaliste" sur tous les plans. Le décor, le son, l'image, l'écran... Et la grippe A ne semble pas avoir fait de ravages parmi les mélomanes.

La révélation au 2nd acte. Un décor toujours aussi sommaire mais non dénué de charme et faisant ressortir la vivacité de la mise en scène. Une Rosine peut-être un peu fade mais un Figaro haut en couleur. Conquis malgré la déception de ne pas avoir pu profiter pleinement du Largo al factotum.

La Flûte enchantée le mois prochain. Et cette fois, nous planterons la tente!

mercredi 28 octobre 2009

7+3+3+7...

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Troisième semaine de cours ou s'évertuer à saisir le sens des borborygmes incompréhensibles de la gente professorale, ensevelie sous une masse toujours croissante de documents recouverts de hiéroglyphes. Et toujours les mêmes incertitudes quant à son emploi du temps. En touriste opportuniste, à l'affût du moindre bon plan. Prête à vous donner dans la seconde toutes les combinaisons de 7 et de 3 pouvant donner un résultat de 30 points. Sigh...
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Autant embrayer sur des futilités... A défaut d'être en mesure de se remplir la tête, autant faire son possible pour la rendre plus (ou moins...) présentable. Soit direction le coupe-tifs. La pratique s'avère malheureusement rarement à la hauteur de la théorie.
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Quatre heures de pause entre deux cours et une adresse à 5 minutes de l'université. Parfait. Ou presque... Un salon douteux dans lequel notre capilliculteur brossait avec opiniâtreté les quelques survivants du crâne fortement dégarni d'un octogénaire. Un coiffeur exhibant lui-même une indubitable calvitie. Rajoutez à cela une vieille permanentée endormie sous son casque et vous l'aurez compris, le premier essai fut infructueux.
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Sortie des cours et opération reconduite après une consultation internet minutieuse. Cette fois notre Olympe capillaire peine à trouver sa place entre un garage automobile et une droguerie. Et s'étale en lettre majuscule sur la devanture : "coupe tendance pour enfants". Spécialisation enfantine. Ce n'était pas mentionné sur le site... La porte est toutefois poussée au son d'un carillon ringard. Une blondasse décolorée atteinte de couperose sur la moitié du visage annonce qu'elle ne prend plus de rendez-vous pour la journée mais qu'il reste de la place pour le lendemain. L'offre est poliment (mais fermement) déclinée.
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Il est inutile de s'arrêter sur la cave miteuse qualifiée de salon de coiffure par un esprit facétieux que nous ne prendrons pas la peine de connaître.
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Ultime tentative. Autre chose à faire que la tournée des salons... Un prix relativement attractif. Pas de coupes sèches. Adopté! Notre homme se révèle être français, ce qui facilite grandement la tâche dans l'exposé de ses exigences. Au détail près qu'un coiffeur reste un coiffeur... Avoir le malheur de chercher à faire la conversation. "Je travaillais auparavant dans le Val-de-Marne. Je me suis installé ici suite à la mort de ma mère. Je ne m'en suis d'ailleurs toujours pas remis. Elle me manque terriblement. Et (...)" Gloups. se concentrer sur les remous de l'eau.
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Tout cela se termine avec une coupe plus que discrète mais avec l'inévitable mèche. L'inesthétique et l'importune mèche que tout coiffeur digne de ce nom s'applique à vous laisser pendre lamentablement devant l'oeil. Celle que j'essayerai vainement pendant plusieurs semaines de coincer derrière l'oreille. Celle qui finira tôt ou tard affublée d'une barrette tout autant inesthétique mais ô combien plus pratique.
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Et puis, cela vaut mieux que les brushings prohibitifs des plans suisses ;)

mercredi 14 octobre 2009

Allons alimenter le marché de la connaissance...

Rentrée universitaire. En fille organisée, j'ai réalisé mon emploi du temps à l'avance. Emploi du temps qui trône à l'heure actuelle sur mon bureau. Et pas le berlinois, cela va de soi. Emploi du temps refait à la hâte à 2h du matin la tête encore pleine d'accords de piano.

Je trouve aisément la salle de cours, ne demandant seulement deux fois mon chemin et ayant d'abord parcouru le bâtiment 21 en long, en large et en travers avant de m'apercevoir que mon cours se déroulait dans le bâtiment 22. Quelques élèves optimistes vaillamment postés devant la salle vide de tout professeur. Aucune trace du cours sur l'emploi du temps affiché sur la porte. 1/2h plus tard, nous abandonnons pour nous hasarder dans le cours d'en face. Même absence déploré d'un quelconque représentant du corps professoral. La matinée fut un échec cuisant.
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14h et premier cours de la journée. Un cours sur la sécurité sociale allemande. Moui rien qu'à l'intitulé j'aurais pu me douter que ce ne pouvait être qu'un plan foireux. Salle pleine, une trentaine d'Allemands pour deux malheureuses étudiantes erasmus. Tour de la salle pour se présenter, explication rapide du cours puis distribution des exposés. Quelques sujets intéressants. Mais voilà que nos deux charmants voisins choisissent le thème des institutions et des modalités de redistribution au niveau fédéral. A se jeter illico dans la Spree lestée de packs de bière. Mais ne voulant pas nous retrouver à bafouiller un exposé farci de fautes dans un allemand plus qu'approximatif, nous levons promptement notre bras engraissé au bretzel pour nous joindre aux deux joyeux lurons. Mais non, ça ne pouvait être aussi simple. Nous nous retrouvons gratifiées d'un exposé rebutant au possible à réaliser... seules. Fuyons.
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Le cours suivant n'avait évidemment pas lieu pour cause d'absence du professeur. Idem pour le proséminaire sur lequel on enchaînait. Il s'agissait du même individu...
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Bref, la rentrée, ce sera pour le jour suivant.
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Oui mais le jour suivant, réveil à 8h20. Pour un cours commençant à 8h30. A 1h de mon lit. Sigh... (circonstances atténuantes : déménagement avorté la veille pour renonciation péruvienne)
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10h les fesses posées sur une chaise dans la BONNE salle à la BONNE heure. "La figure de la femme berlinoise". Non, ce n'est pas mon côté féministe arc-bouté qui ressort dans le choix de ce cours. Seulement qu'il s'agit d'un cours conseillé pour les étudiants erasmus, donc supposé compréhensible. Admiration envers l'ouverture d'esprit des étudiants allemands. Un cours sur les femmes et la moitié de la salle de sexe masculin. On ne verrait pas ça en France... Et pour cause : le cours s'intitulait "Jean-Paul Friedrich Richter (1763-1825)". Cours de master pour étudiants en philologie néerlandaises. Le nôtre a lieu mercredi. Nous sommes mardi. Retrait discret en direction de la sortie.
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La fin d'après-midi arrive sans encombres supplémentaires. A cela près que je ne peux m'inscrire dans aucun cours sur le site de l'université. Et que je n'ai par conséquent aucune des 350 pages à lire...

La vie n'est qu'une improvisation continue. Mais il faudrait peut-être songer à garder quelques retenues...

samedi 10 octobre 2009

Les mots purgent les peines.

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C'est dans le vacarme atone d'une église au temps suspendu que nous primes congé. Suspendu un peu tard ce temps qui t'arrache à nos regards, fardant nos yeux de larmes et poudrant nos joues de peine.
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Mais l'animation de la rue brise peu à peu notre oasis de recueillement. Les digues du passé auxquelles nous tentons de nous accrocher cèdent sous la violence des flux de la vie. Telle une fontaine, l'entends-tu pleurer? Non, elle chante et nous appelle à elle.
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Certains coeurs continuent malgré tout à battre le rythme de nos vies...

vendredi 2 octobre 2009

Je m'embourgeoise, et c'est aussi bien comme ça.


Après un léger contretemps (le retard règlementaire d'une heure), nous (mes vaillants déménageurs, mes 50 kilos de valises et ma petite personne) voilà à traverser Berlin d'Est en Ouest et du Sud au Nord. S'extasier devant la superficie de la pièce, la hauteur du plafond, ses moulures, acheter une paire de bottines (car les converses à partir d'une certaine température, c'est comme pour les cheveux secs : je dis non) et une bouteille de Sekt et me voilà revenue au point de départ. Je ne rejoindrai mes valises que le lendemain.

La journée était placée sous le signe du déménagement. Mon horoscope me l'avait prédit, "Vénus , en vous inspirerant des sentiments de générosité et de solidarité, vous fera vivre des moments formidables tout au long de cette retentissante journée". Ce qui m'a semblé retentir furieusement, c'est mon coeur après avoir monté et descendu une dizaine de fois six étages chargée de caisses, meubles et barda en tout genre. Les voisins de ma future ex-colocation aménageaient. Voisins étant accessoirement d'anciens colocataires de ladite colocation ayant décidé de s'installer en couple (mais là pour le coup, un couple qui ne servait à rien ;p).
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Et puis le D-day. J'avoue que ça me fend le coeur mais... j'ai quitté les poilus de la tranchée de la Blücher. Après des adieux déchirants, j'ai dû laisser derrière moi mes 9 m² de surface, son éclat de miroir, sa baignoire bouchée, ses repas hyperprotéinés, ses deux toques de fourrures miaulantes et odorantes pour les 20 m² avec balcon d'une chambre lumineuse aussi large que haute.

Une cage d'escalier parfumée au gâteau sortant du four. Un matelas recouvert de couvertures. Des draps qui sentent la lessive (et pas la biologique non économique à base de compost). Des habitants charmants. Une connexion internet. Un mot de bienvenu posé sur le bureau.

Le tout avec une carte d'assurance maladie européenne retrouvée par la poste et un compte activé. Le vent tournerait-il ?


lundi 14 septembre 2009

Denken hilft.


Tag


Comment, en l'espace de quelques jours :
  • se faire racketter par un automate après avoir suivi, les poches pleines et le compte vide et un convoi étudiant menant à une attente de plusieurs heures devant des chiffres qui ne défilent pas ?
  • se faire harceler par les serveurs de l'Oranienburg Strasse ?
  • se retrouver à tenter de danser le swing sur la piste de danse d'un Ballhaus bondé ?
  • affronter les cerbères de l'ambassade de France ?
  • dévaliser le centre d'information du Parlement européen ?
  • trouver un toit mais perdre ses papiers ?
  • faire la connaissance de tous les policiers de la ville en une seule journée ?
  • retourner les voir dès le lendemain ?
  • penser sérieusement à se débarrasser des chats de sa coloc dans un civet ?
  • préférer l'odeur de ses fringues crades à celle de la lessive écologique à disposition ?
  • se désoler dans les bureaux de la FDP ?
  • assister à une scène de ménage mémorable pour 2 cm² de gruyère rapé ?
  • tomber dans les bras du marchand de cartes téléphoniques ?
  • bloquer son portable ?
  • ne pas arriver à se débarrasser de la vieille qui vous broie la main sans se rendre compte que sa victime ne comprend pas un traître mot de ce qu'elle vous raconte avec tant de conviction ?
  • ne plus avoir de carte bancaire ?
  • attendre Edouard-Cômes-Marie à la prochaine rencontre ?
  • anéantir bêtement ses affaires de toilettes ?
  • réfléchir à la manière de transformer le concert classique-techno en plan foireux n°38 ?
  • constater la perte par la poste du colis contenant sa carte européenne d'Assurance Maladie ?
  • entrer en profond désaccord avec son banquier, qu'il soit allemand ou français ?
  • se retrouver à la rue la veille de sa rentrée ?

dimanche 6 septembre 2009

La nuit portant conseil, je la suis jusqu'à tard...

Ma vie antérieure était féline... ou comment arriver en retard dès sa première semaine de cours pour une sombre histoire d'échelle. Bien qu'au regard de l'affection que semble me porter le chat de mon foyer mensuel, elle ne l'était peut-être pas tant. J'ai donc intégré mes quartiers de septembre. Un plongeon dans une brocante de dimanche matin. Le tout dans un style une chouille politisé. Des affiches "Gegen Kapitalismus", "Keiner oder alle" (Bertooooold!! :D). "Kein kluger Kopf passt unter einen Helm" (pour les non-germanistes : "un casque ne peut convenir à une tête intelligente").





































Prise de contact avec la boîte de nuit allemande ou comment se retrouver les tympans percés par du hard rock en ayant l'impression d'aller acheter de la coke dans un hangar désaffecté avec tes habits du dimanche (au regard du look des habitués). Le tout sans échanger un mot d'allemand car accompagnée de trois Français, d'un Suisse et d'une floppée d'Américains complètement déchirés prenant leur première cuite à 20 ans.



Un anglais encore approximativement pratiqué le lendemain pour une soirée Pfandkuchen franco-suisse-ghanéenne. Un des gros avantages de Berlin : les métros circulent toute la nuit du vendredi et du samedi. Les métros. Pas les bus (sigh...).

Poursuite de la recherche de logement. Des cagibis pour des prix astronomiques, des palaces à plusieurs heures de trajet, des "20 ans? Trop jeune.", la solution du logement étudiant ("aaaargh je sens le vent passer à travers la fenêtre!" "je crois que je vais aller acheter des tongs pour prendre ma douche...") (...) J'enchaîne donc les rendez-vous aux quatre coins de la ville (ce qui permet au passage de découvrir un peu Berlin; même si ce n'est pas forcément les quartiers que l'on cherche à connaître. La rue des femmes de nuit par exemple...). Et puis ça me permet de parler enfin allemand ^^.



Au détour d"une visite... Brecht & Vespa addict :s






Spéciale cassdédi à Marine : les crocs fourrées! Nous n'arrêtons pas le progrès ;)










jeudi 27 août 2009

Ach so!



Deuxième nuit quasi blanche d’affilée (mais qu'est-ce que je vous suis reconnaissante de la première ^^). Arrivée de justesse à l’aéroport. Aura, n'aura pas, il faut avouer que ce serait beaucoup moins drôle sans un peu de suspens... Ou pas. Après quelques anicroches avec l’appareil d’enregistrement, les bagages pesés, les kilos excédentaires sur le dos (soit chemise, pull, blaze, chapeau), l’inévitable sonnerie (sans ceinture, bijoux, chaussures, à croire que je possède un type cellulaire métallique), un appel apprécié d’une petite voix endormie, un plein de journaux entre les mains, embarquement à 5h45 et décollage à 6h10. Changement à Munich. Les deux pieds sur le sol berlinois à 9h15. Accueillie par de forts sympathiques messages le portable rallumé (non effectivement, la Piña Colada n'est pas connue pour être la spécialité locale :p) - merci aussi pour les mails :) -.


Début des réjouissances. Je rejoins ma colocation temporaire (dont j’ai de nouveau l’adresse !!) le dimanche seulement. En attendant, hôtel sur la Prenzlauer Allee. Or impossible de trouver le fameux hôtel. Errance sur plusieurs kilomètres, 30 kilos au bout du bras, 20 sur le dos. Et quand, dépitée, le dos en miette, les mains meurtries, un autochtone indique la bonne direction, c’est évidemment à l’exact opposé du lieu où l’on se trouve. Il s'avérait que les numéros de la rue sont croissants d'un côté, décroissants de l'autre. La logique germanique m'échappe... La roue de ma valise estime qu'il s'agit du moment approprié pour me fausser compagnie. Oui, celle de 30 kilos... celle que je porte désormais à bout de bras sous un soleil de plomb.

Une assiette d'antipasti plus tard (n'en déplaise aux amateurs de Wurst en tout genre, la gastronomie berlinoise s'est pour le moment avérée être turque ou italienne), déambulations dans la ville et prise de rendez-vous pour la visite d'un appart. Mais au numéro indiqué ne se trouvait pas le bon nom. Car en plus de numéroter leur rue de façon étrange, un même numéro peu couvrir plusieurs portes... Avec 1/4 d'heure de retard, toutes les sonnettes de la bâtisse essayées, le bon nom est retrouvé au porche précédent. Personne au bout de la sonnette, notre contact vidait sa chope au Kneipe voisin. Le tout pour un studio pas très engageant au prix prohibitif.

Ouverture d'un compte allemand. Un banquier devenu chauve ("Nein... Keine Adresse" :s). Un nouveau numéro de portable (Achtung : ancien numéro invalide pendant un an).

Le temps imparti à ma connection touche à sa fin ; peut-être que finalement, Ronald va devenir mon meilleur ami...














Ampelmann (et le prix de l'esence en prime...)! Et nostalgie londonienne : ici, il est possible de photographier ad libitum les passages piétons sans risquer le séjour en centre de rétention. Mes dispositions japonisantes s’en réjouissent.







L'Allemand et son vélo... jusqu'à l'achat de son titre de transport

Au fait les Alsaciens d'une semaine, j'ai oublié mon gage de mardi dernier...

  • Anne-Laure : ton entrain

  • Coe : ta bonne humeur

  • Priscilla : ta compréhension

  • Marie : tes éclats de rire :p

  • Clément : ton sens pratique (masculin? Pfff n'importe quoi...)

  • Marjorie : ton soutif rouge ^^

samedi 22 août 2009

L'Alsace à fleur de peau

L’Alsace, sa gastronomie légère et raffinée, l’accent chantant de ses habitants, sa jeunesse omniprésente, sa concentration humaine à en effrayer un natif du Larzac. La destination estivale de prédilection...
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Richtig ! Car quand les poids lourds d'une troupe de Blaisois se prennent pour des mercenaires suédois et investissent les lieux, ça donne peut-être quelques conflits insolubles (nationale ou… autoroute), un cauchemar de scout (ou un Clément ne pouvant planter sa tente, creuser ses toilettes ou allumer des feux dans un gîte « pinot-kouglof » tout confort), de la haute maltraitance de peluches et des risques d’affrontement avec le grizzli de la maison de Barbie. Mais c’est surtout un programme de gue-din quasi accompli, un marchand de sable gages à la clé, des soirées « animées » (ou muettes ^^), un manque de sommeil manifeste, des ooolaaas avec ou sans Gérard, une tentative de survie face à six filles en furie, des open-bars (ici, tu montres ou tu sors), des lacunes stellaires, du litchi et des pâtes, du Picsou à gogo, une centaine de photos par jour, une solide protection contre les ondes de toutes sortes (à la surface de 30 cm² au milieu de la route devant le cimetière près), une ambiance musicale (même si certaines révélations sont douteuses… Lalala ? Hihou !), de la débauche, une cohabitation concluante, une amitié renforcée via carottes et passoire.
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Un préjugé confirmé ? L’Alsace, c’est humide et les précipitations y sont abondantes. Mais pas vraiment celles attendues ;)

Alors l’Alsace, avec ou… sans élan ?---
Mais je recherche toujours le nom du serpent d'eau du Doubs...

mardi 11 août 2009

Il faudrait peut-être songer à investir dans le Benco et le poil de chameau.

Trouver une colocation à Berlin ? Ah ah! Un jeu d'enfant! Des annonces en veux-tu en voilà, des logements spacieux et confortables à des prix inférieurs à la plus minable des chambres de bonne lyonnaise.

Tout va pour le mieux dans la théorie. Sauf que... Sauf que je pars dans moins de trois semaines sans que le moindre abri de jardin ne se profile à l'horizon.

Un nombre de pistes incalculables. De quoi relier Lisbonne à Vladivostok par autoroute. Mais pas la moindre semblant susceptible d'aboutir. Des amis d'amis de cousins d'amis de (...) ne se manifestant pas. Des colocations arrivant à terme ne se renouvelant pas. Et des sites internet.

Très pratique le site internet. Des annonces, des photos, une présentation rapide des membres. Un mail et hop mise en contact des potentiels intéressés. A quelques détails près. Pour trouver une colocation via site, il semble qu'il faille :
  • être végétalien (végétariens tolérés) (jusque-là tout va bien);
  • se ramener avec tous ses meubles ;
  • être "gauchiste alternatif" ;
  • parler espagnol (allez comprendre...) ;
  • avoir plus de 25 ans (au minimum 22) ;
  • être féministe ;
  • fumer comme un buisson de collège (l'herbe s'inscrit parfaitement dans le régime végétarien) ;
  • être de sexe masculin ou avoir des tendances homosexuelles ;
  • n'écouter que de la techno ;
  • être un sportif de haut niveau.
Il serait temps de saisir le taureau par les cornes. Mais les joies de l'éventration, c'est un truc d'hispaniques. Comment rester crédible dans une lutte acharnée avec un bretzel en furie ?

jeudi 6 août 2009

On y prendrait (presque) goût.

Nous sommes des tarées complexées. Mais nous assumons. Enfin dans les limites que notre état psychologique impose. Puisque par définition, nous ne nous assumons pas du tout :p

Ce cas de psychiatrie quasi exclusivement féminin se caractérise par un comportement matinal. Car le matin, il faut courir. Les jambes galbées, tu crois que ça s'obtient comment? ;) Vingt minutes à piétiner. Sens inverse des familiers du footing pour épargner son égo. Vingt minutes à piétiner et le triple à raconter sa vie allongées sur l’herbe ou assises autour d’un verre. L’exercice ne peut donc se pratiquer sans compagnie. Le repli stratégique jusqu’à la couette se substitue rapidement à toute tentative de course solitaire.

50 foulées

La journée ne s’achève pas là. Une certaine fixité des idées. Des renflements disgracieux à éliminer. Un peu trop d’opiniâtreté. Aucune peur du ridicule. Une absence (déplorée) d’un sexy maître nageur. Le tout rassemble les irréductibles autour d’une piscine. A pousser des planches, battre des pieds et mouliner des bras. Puis à s’affaler sur les transats disponibles, le monoï à portée de main.

Mais en tenant le rythme, nous aurons des jambes « fines et fuselées ». Si, si c’est écrit là. Et une taille de guêpe, cela va de soi. Dans trois ans. Et uniquement à condition d’adopter le régime indiqué. Celui à base de yaourt nature, de radis ou de légumes secs. C’est selon les années et les lubies des diététiciens autoproclamés.

Cependant la tarée complexée ne possède pas d’actions chez Weight Watchers. Elle n’est pas encore assez superficielle pour se consacrer à ses kilos superflus. Elle est loin d’être une adepte du sport. Et elle a mille choses à faire.

Demain, elle se contentera demain de dénombrer ses muscles endoloris. En découvrira d’insoupçonnés. Finira son pot de Nutella. Et ne se lèvera pas.

mardi 4 août 2009

Dans les méandres de la Loire...

Un week-end (alti)ligérien, ou

  • se retrouver à chanter Bob Marley aux jeunes autochtones ;
  • deux canoës pour usage détourné ;
  • ce petit chemin, qui sent la noiseeeett'euh ;
  • une barque, car les bateaux à moteur c'est "beeuuuuh" ;
  • THE bébé ;
  • une tentative de noyade de la sangria ;
  • des branches fallacieuses, qui soutiennent les lourds et s'abandonnent aux autres ;
  • du Génius, qui quoiqu'on en dise, mentholé, noisetté, chocolaté voire ketchupé restera toujours un Génius ;
  • une initiation à la phytothérapie ;
  • les mystères du Fort... ;
  • des papotages, commérages et bavardages ;
  • des défis bucco-dentaires ;
  • un joueur de caisse claire... sans caisse claire ;
  • des m&m's au réveil ;
  • une maison haute en couleurs ;
  • une intégration à coups de fromage qui pue ;
  • une remise à niveau musicale ;
  • des photos compromettantes ;
  • un Lelouche pas net et un Voltaire pas stable ;
  • un an, voire deux, de rétrospective photographique ;
  • des mises à l'épreuve plus ou moins concluantes de cultures G

(...)

I'm loving it.

dimanche 2 août 2009

I'm a poor lonesome... ugly duckling.


Allez hop, ne nous arrêtons pas en si bonne lancée. Et puis j'ai du transfert à effectuer. Sans lignes. Sans traits.

J'aurais aimé pouvoir écrire un long pavé théâtral et larmoyant. Ce serait inintéressant au possible, absolument pas crédible, mais je kiffe les mélodrames ^^

De toute manière, la conduite aurait été incommode. Incommodante aussi. Pour les autres. Pour ceux qui n'ont pas su. Pour les rares initiés aussi. La compassion, ça ne dure qu'un temps. Or l'amertume est souvent tenace.

Mais ni compassion, ni remords. Des regrets. Il paraît que c'est pire. Cela reste à prouver...

Je serais presque tentée de trouver l'expérience enrichissante. J'ai cependant tendance à penser que tout évènement peut s'avérer positif. Certes, il faut parfois gratter...

Je me suis découvert des virtualités (que j'aurais peut-être préféré ignorer).

J'ai cessé de considérer que la confusion mentale dont j'ai fait l'expérience est risible et peux désormais faire preuve d'un minimum d'empathie envers les infortunés du genre.

J'ai pu constater qu'il était possible que plusieurs personnalités se côtoient dans la même enveloppe corporelle. Un seul corps pour des considérations antithétiques. Ce qui était fâcheux, c'est que c'était le mien.

Ou plutôt une personnalité restant unique mais duale. Divisée entre intellect et sensibilité. Et l'intellect est un carcan dont il est difficile de faire abstraction.

Toujours est-il que je me suis sentie soulagée. La retombée d'une pression auto-générée. Sans vouloir partir dans de grandes et navrantes envolées lyriques, ce serait un esprit sans nuages se substituant à l'orage d'un coeur pusillanime. Nous nous accorderons sur le fait qu'il vaut mieux s'en tenir à quelque chose de moins grandiloquent. Bref le terme d'apaisement suffira amplement.

Oserais-je utilisé celui d'affranchissement? Non. Ce ne serait pas tout à fait vrai.

Les fantasmes ont cette qualité incontestable qu'ils ne peuvent décevoir ; mais l'imperfection est tellement plus attractive...

Il me reste un mois pour courser le temps.

La tentative précédente s'est révélée décevante. Du moins fallait-il avoir l'esprit géométrique. Le mien ayant la fâcheuse manie de partir en arabesques tortueuses, cela ne pouvait faire l'affaire.
Donc rebelote.

Et un nouvel espace consacré à mes soliloques. Petite veinarde ^^

Reprenons. Le bon sens aurait voulu que je commence dans un mois puisque l'élément perturbateur m'ayant conduite à exposer ma vie aux âmes charitables qui voudront bien s'y coller, c'est mon départ en Allemagne. Mais prenant en considération mes capacités informatiques, autant commencer à se familiariser avec l'outil...

Et puis, l'usage thérapeutique n'est pas négligeable. Car même si,
  • ce n'est vraiment pas le bout du monde;
  • je meurs d'envie de partir ;
  • je commence à regretter mon autonomie ;
  • Berlin est une ville hyper dynamique ;
  • son histoire ne peut laisser indifférente ;
  • j'aime son aspect cosmopolite ;
  • l'éloge de sa vie nocturne n'est plus à faire ;
  • mon champ d'action va être considérablement élargi ;
  • la nouveauté est toujours attractive ;
  • je vais découvrir de nouvelles têtes ;
  • plus de 180 musées, 300 galeries et 150 théâtres me tendent les bras ;
  • une capitale reste une capitale ;
  • certains lieux sont mythiques ;
  • mine de rien, ça reste vert ;

il y a comme une angoisse qui monte..

  • L'angoisse des déboires administratifs ;
  • l'angoisse tenace et injustifiée d'être oubliée de mémoires trop souvent volatiles ;
  • l'angoisse des températures négatives, des mains glacées et des pieds gelés ;
  • l'angoisse de l’incompréhension face à une langue qui ne sera plus mienne ;
  • l'angoisse de l'expérience du camping urbain ;
  • l'angoisse de ne pas être à la hauteur ;
  • l'angoisse de ne pas arriver à me passer de vous ;
  • l'angoisse pour l'angoisse.
et tout ce(ux) qu'il me faut quitter ici...

Don't worry, be happy...