mercredi 28 octobre 2009

7+3+3+7...

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Troisième semaine de cours ou s'évertuer à saisir le sens des borborygmes incompréhensibles de la gente professorale, ensevelie sous une masse toujours croissante de documents recouverts de hiéroglyphes. Et toujours les mêmes incertitudes quant à son emploi du temps. En touriste opportuniste, à l'affût du moindre bon plan. Prête à vous donner dans la seconde toutes les combinaisons de 7 et de 3 pouvant donner un résultat de 30 points. Sigh...
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Autant embrayer sur des futilités... A défaut d'être en mesure de se remplir la tête, autant faire son possible pour la rendre plus (ou moins...) présentable. Soit direction le coupe-tifs. La pratique s'avère malheureusement rarement à la hauteur de la théorie.
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Quatre heures de pause entre deux cours et une adresse à 5 minutes de l'université. Parfait. Ou presque... Un salon douteux dans lequel notre capilliculteur brossait avec opiniâtreté les quelques survivants du crâne fortement dégarni d'un octogénaire. Un coiffeur exhibant lui-même une indubitable calvitie. Rajoutez à cela une vieille permanentée endormie sous son casque et vous l'aurez compris, le premier essai fut infructueux.
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Sortie des cours et opération reconduite après une consultation internet minutieuse. Cette fois notre Olympe capillaire peine à trouver sa place entre un garage automobile et une droguerie. Et s'étale en lettre majuscule sur la devanture : "coupe tendance pour enfants". Spécialisation enfantine. Ce n'était pas mentionné sur le site... La porte est toutefois poussée au son d'un carillon ringard. Une blondasse décolorée atteinte de couperose sur la moitié du visage annonce qu'elle ne prend plus de rendez-vous pour la journée mais qu'il reste de la place pour le lendemain. L'offre est poliment (mais fermement) déclinée.
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Il est inutile de s'arrêter sur la cave miteuse qualifiée de salon de coiffure par un esprit facétieux que nous ne prendrons pas la peine de connaître.
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Ultime tentative. Autre chose à faire que la tournée des salons... Un prix relativement attractif. Pas de coupes sèches. Adopté! Notre homme se révèle être français, ce qui facilite grandement la tâche dans l'exposé de ses exigences. Au détail près qu'un coiffeur reste un coiffeur... Avoir le malheur de chercher à faire la conversation. "Je travaillais auparavant dans le Val-de-Marne. Je me suis installé ici suite à la mort de ma mère. Je ne m'en suis d'ailleurs toujours pas remis. Elle me manque terriblement. Et (...)" Gloups. se concentrer sur les remous de l'eau.
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Tout cela se termine avec une coupe plus que discrète mais avec l'inévitable mèche. L'inesthétique et l'importune mèche que tout coiffeur digne de ce nom s'applique à vous laisser pendre lamentablement devant l'oeil. Celle que j'essayerai vainement pendant plusieurs semaines de coincer derrière l'oreille. Celle qui finira tôt ou tard affublée d'une barrette tout autant inesthétique mais ô combien plus pratique.
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Et puis, cela vaut mieux que les brushings prohibitifs des plans suisses ;)

mercredi 14 octobre 2009

Allons alimenter le marché de la connaissance...

Rentrée universitaire. En fille organisée, j'ai réalisé mon emploi du temps à l'avance. Emploi du temps qui trône à l'heure actuelle sur mon bureau. Et pas le berlinois, cela va de soi. Emploi du temps refait à la hâte à 2h du matin la tête encore pleine d'accords de piano.

Je trouve aisément la salle de cours, ne demandant seulement deux fois mon chemin et ayant d'abord parcouru le bâtiment 21 en long, en large et en travers avant de m'apercevoir que mon cours se déroulait dans le bâtiment 22. Quelques élèves optimistes vaillamment postés devant la salle vide de tout professeur. Aucune trace du cours sur l'emploi du temps affiché sur la porte. 1/2h plus tard, nous abandonnons pour nous hasarder dans le cours d'en face. Même absence déploré d'un quelconque représentant du corps professoral. La matinée fut un échec cuisant.
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14h et premier cours de la journée. Un cours sur la sécurité sociale allemande. Moui rien qu'à l'intitulé j'aurais pu me douter que ce ne pouvait être qu'un plan foireux. Salle pleine, une trentaine d'Allemands pour deux malheureuses étudiantes erasmus. Tour de la salle pour se présenter, explication rapide du cours puis distribution des exposés. Quelques sujets intéressants. Mais voilà que nos deux charmants voisins choisissent le thème des institutions et des modalités de redistribution au niveau fédéral. A se jeter illico dans la Spree lestée de packs de bière. Mais ne voulant pas nous retrouver à bafouiller un exposé farci de fautes dans un allemand plus qu'approximatif, nous levons promptement notre bras engraissé au bretzel pour nous joindre aux deux joyeux lurons. Mais non, ça ne pouvait être aussi simple. Nous nous retrouvons gratifiées d'un exposé rebutant au possible à réaliser... seules. Fuyons.
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Le cours suivant n'avait évidemment pas lieu pour cause d'absence du professeur. Idem pour le proséminaire sur lequel on enchaînait. Il s'agissait du même individu...
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Bref, la rentrée, ce sera pour le jour suivant.
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Oui mais le jour suivant, réveil à 8h20. Pour un cours commençant à 8h30. A 1h de mon lit. Sigh... (circonstances atténuantes : déménagement avorté la veille pour renonciation péruvienne)
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10h les fesses posées sur une chaise dans la BONNE salle à la BONNE heure. "La figure de la femme berlinoise". Non, ce n'est pas mon côté féministe arc-bouté qui ressort dans le choix de ce cours. Seulement qu'il s'agit d'un cours conseillé pour les étudiants erasmus, donc supposé compréhensible. Admiration envers l'ouverture d'esprit des étudiants allemands. Un cours sur les femmes et la moitié de la salle de sexe masculin. On ne verrait pas ça en France... Et pour cause : le cours s'intitulait "Jean-Paul Friedrich Richter (1763-1825)". Cours de master pour étudiants en philologie néerlandaises. Le nôtre a lieu mercredi. Nous sommes mardi. Retrait discret en direction de la sortie.
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La fin d'après-midi arrive sans encombres supplémentaires. A cela près que je ne peux m'inscrire dans aucun cours sur le site de l'université. Et que je n'ai par conséquent aucune des 350 pages à lire...

La vie n'est qu'une improvisation continue. Mais il faudrait peut-être songer à garder quelques retenues...

samedi 10 octobre 2009

Les mots purgent les peines.

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C'est dans le vacarme atone d'une église au temps suspendu que nous primes congé. Suspendu un peu tard ce temps qui t'arrache à nos regards, fardant nos yeux de larmes et poudrant nos joues de peine.
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Mais l'animation de la rue brise peu à peu notre oasis de recueillement. Les digues du passé auxquelles nous tentons de nous accrocher cèdent sous la violence des flux de la vie. Telle une fontaine, l'entends-tu pleurer? Non, elle chante et nous appelle à elle.
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Certains coeurs continuent malgré tout à battre le rythme de nos vies...

vendredi 2 octobre 2009

Je m'embourgeoise, et c'est aussi bien comme ça.


Après un léger contretemps (le retard règlementaire d'une heure), nous (mes vaillants déménageurs, mes 50 kilos de valises et ma petite personne) voilà à traverser Berlin d'Est en Ouest et du Sud au Nord. S'extasier devant la superficie de la pièce, la hauteur du plafond, ses moulures, acheter une paire de bottines (car les converses à partir d'une certaine température, c'est comme pour les cheveux secs : je dis non) et une bouteille de Sekt et me voilà revenue au point de départ. Je ne rejoindrai mes valises que le lendemain.

La journée était placée sous le signe du déménagement. Mon horoscope me l'avait prédit, "Vénus , en vous inspirerant des sentiments de générosité et de solidarité, vous fera vivre des moments formidables tout au long de cette retentissante journée". Ce qui m'a semblé retentir furieusement, c'est mon coeur après avoir monté et descendu une dizaine de fois six étages chargée de caisses, meubles et barda en tout genre. Les voisins de ma future ex-colocation aménageaient. Voisins étant accessoirement d'anciens colocataires de ladite colocation ayant décidé de s'installer en couple (mais là pour le coup, un couple qui ne servait à rien ;p).
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Et puis le D-day. J'avoue que ça me fend le coeur mais... j'ai quitté les poilus de la tranchée de la Blücher. Après des adieux déchirants, j'ai dû laisser derrière moi mes 9 m² de surface, son éclat de miroir, sa baignoire bouchée, ses repas hyperprotéinés, ses deux toques de fourrures miaulantes et odorantes pour les 20 m² avec balcon d'une chambre lumineuse aussi large que haute.

Une cage d'escalier parfumée au gâteau sortant du four. Un matelas recouvert de couvertures. Des draps qui sentent la lessive (et pas la biologique non économique à base de compost). Des habitants charmants. Une connexion internet. Un mot de bienvenu posé sur le bureau.

Le tout avec une carte d'assurance maladie européenne retrouvée par la poste et un compte activé. Le vent tournerait-il ?