lundi 3 mai 2010

131. Baumblütenfest in Werder (Havel)

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Prise de conscience soudaine : bientôt un mois sans sortir hors de Berlin intra-muros. Il faut prendre les mesures qui s'imposent. Recherche infructueuse d'un bus pour Copenhague. Les prétentions sont revues à la baisse.
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Après avoir écumé internet à en devenir incollable sur toutes les singularités et sehenswürdigkeiten du Brandenburg, les choix sont les suivants : Potsdam, une randonnée dans un parc marécageux et le village de Weder sur Havel. Potsdam? Déjà fait. L'esprit assailli par des images de rêve d'enlisements et de bains de boue involontaires, Weder est adopté. Et puis le calme, l'air sain et revigorant de la campagne, les gazouillis d'oiseaux non asthmatiques... En jeune fille un peu fleur bleue (passons sous silence la soirée de la veille, la figuration inopinée dans les scènes de stupre de la vie de Mozart, l'ancien bordel et les amènes travestis des bars berlinois afin de rester crédible), comment passer à côté de "la ville aux arbres en fleurs"? De plus, fin avril, s'y tiennent les Floralies. Vision de paniers débordant de fleurs, de la petite grand-mère souriante dégustant sa part de tarte au bord de la Havel, de paysage bucolique égayé du jaune vif des forsythias et du rose tendre des magnolias... Fleur bleue? Ahah! Plutôt fleur de nave!
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Un quai de gare bondé. Déjà trois trains de partis sans avoir pu approcher des rails. Accès fastidieux au quatrième. Puis 1/2h de voyage s'apparentant à un tétris grandeur nature. Autant de personnes pour quelques tulipes ? Perplexité. La population environnante ne correspond d'ailleurs pas tout à fait à l'échantillon représentatif imaginé. La charmante octogénaire a cédé la place à la vingtenaire sur-fond-de-teintée, les paupières allourdies par les quinze couches successives de mascara et le cheveux lissé ou choucrouté mais irrémédiablement agrémenté d'extensions brunes et blondes.
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Des fleurs, il n'y en avait pas. Ou deux-trois, pour orner les alambiques. Ce que nous avions pris pour un festival de floraison s'est en réalité révélé être une grande fête populaire autour du "vin de fruits". Alcools de rhubarbe, cassis, fraise, poire et de multiples variantes de punch. La surprise est vite surmontée et, intégration oblige, la journée se déroula gobelet à la main et pour compenser la frustration initiale... collier de fleurs au cou.
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vendredi 26 mars 2010

... voir les baleines à la place du métro...

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Quitter le froid, la grisaille, le vent et les averses pour... le froid, la grisaille, le vent et les averses, mais la mer en plus!
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Nous nous engouffrons aux aurores dans un bus pour apparatchiki. Le sommeil l'emporte rapidement sur notre excitation. Réaction corporelle salutaire : la solution de facilité pour faire abstraction des rafales de neige frappant sans relâche les vitres du véhicule..
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Rostock. Et les 1ers déboires logistiques. Extorquer un titre de transport à un automate récalcitrant s'obstinant à éconduire toute pièce d'une valeur supérieure à 10 centimes. Recours à la solidarité du Parti pour rassembler 4,50 euros de ferrailles en acier cuivré... Puis se tromper de trams une ou deux fois avant de rejoindre à pieds la "rue Wikipédia", alternant pauses gâteau(trouverons-nous un jour une faille chez Pauline?) et pauses photos.
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Des vieux partout. Un essaim de têtes chenues. Ou supposées telles puisque surmontées d'une casquette de marin ou d'une toque de fourrure, les deux allant souvent de pair. Autant de couvre-chefs excitèrent la fibre consommatrice hypertrophiée de la récente accro du shopping qui repartira chapeautée.
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Mon ex-future université. La Marienkirche. Les toilettes du centre commercial. Le Neuer Markt et ses six rescapées des bombardements. L'Hôtel de ville en carton-pâte. Au regard (de fait considérablement embrumé) du brouillard ambiant, nous décidâmes d'un commun accord qu'il était inutile de grimper la tour réputée pour sa vue. Une dernière tentative de remontée des quais à contre-vent et, las de grelotter sous la pluie, nous mîment le cap sur Warnemünde. Et puis nous commencions à avoir faim...
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Comme un air Deauvillais... La jeunesse locale se promène d'ailleurs en mocassins et cartables en cuir. Un verre de vin chaud afin de redonner un semblant de sensibilité à des lèvres et des mains anesthésiées par le froid. Flâner le long du canal. Puis la Baltiiique! Le fracas des vagues sur la grève. Le cri des mouettes. Les bourrasques de vent dans les voiles. Tous ces bruits que nous aurions entendu sans l'hystérique gesticulant, criant, trépignant, courant, et s'égosillant en battant des bras dans l'attente d'une réaction à coups de corne de brume (Pauline avait donc une faille).
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Le cuir de nos bottes rongé par le sable et le sel, nous respirâmes à plein poumons les embruns marins entre deux séances d'éternuements et de maniement de mouchoirs... Puis nous nous réfugiâmes entre un espadon et une paire de seins et puisâmes des forces dans les molécules électromagnétiquement agitées de nos breuvages.
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Puis retour au centre historique. Un monastère. Une expo photos "où est Siegfried ?". De paaaaalpitantes vitrines de faïences compensées par une collection de jouets anciens à faire pâlir d'envie l'autre barbu au costume rouge.
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La journée ne pouvait s'achever sans un aperçu de la gastronomie locale. Nous nous arrêtâmes donc... à une enseigne bien connue pour l'image saine et sportive qu'elle véhicule de par le monde. Et nous rejoignîmes la gare routière l'estomac lesté d'un McFlurry, aux sons des sabots d'Hélène.
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Un peu d'avance sur l'horaire de départ. Le temps de faire l'inventaire du dépôt de fruits et légumes sans fruits ni légumes du coin. Le regard insistant et soupçonneux de la vendeuse nous mit (plus ou moins) rapidement à la porte.
Et... les minutes défilent (lentement) et toujours pas de bus. Impatience. Inquiétude. AFFOLEMENT GENERAL. Nous sommes bientôt rassurés : Cucule ne mourra pas de faim!
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Mais fausse alerte. Nous regagnâmes Berlin ressourcés, l'esprit encore perdu au large de la côte septentrionale.

mercredi 10 mars 2010

Un déjeuner (presque) parfait

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Parce que "le repas de l'étudiant" ne rime pas (uniquement) avec "des pâtes à tout bout de champ", rude compétition culinaire à l'intersemestre!

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Acte 1 : "Chez Cucule et Pauline", une plongée dans le Moyen-Orient

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"Celui qui a faim
le lundi matin,
doit réserver son appétit
pour le repas de midi"
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(proverbe cuculien, photo du philosophe à l'appui)
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La déco...

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Entrée : grains de folie aux légumes déjantés (taboulé à l'orange et houmous)

























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Plat principal : l'ubkjof aux poires de sol (tajine d'agneau aux pommes de terre).
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Dessert : anglais de 5h et tortures de balance (thé à la menthe et cornes de gazelle)






















dimanche 7 mars 2010

No me ha dejado... Sevilla ♥

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Séville, la joie de vivre de ses habitants, son patrimoine artistique, son rythme décalé, son ambiance de ville du sud, sa gastronomie, son architecture mauresque, sa musicalité espagnole... Conquise!
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5 jours d'engouement permanent. 5 jours d'agonie duperronnienne. 5 jours de dégradations météorologiques.
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Soleil et chaleur à l'arrivée. Accueil de la Sévillane d'adoption encore toute pimpante. Navette en direction de la fac, une ancienne manufacture des tabacs (tiens ?), pour une petite heure de révisions géopolitiques. Tour du quartier et visite des locaux. Des orangers partout. Rencontre de mes futurs hôtes qui ne savent rien de la nuit qu'ils vont devoir endurer en accueillant deux greluches sous leur toit. Puis nous regagnons la maison, truffes au sol, pour tenter de retrouver les clés que sa résidente pense avoir semées en courant pour parvenir à l'heure à l'aéroport. Et plongées dans nos guides touristiques, nous élaborons le programme des jours à venir.
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Vient le début de la tempête. Matinée sur l'ïle de la Cartuja, qui n'a d'île que le nom, lieu de l'exposition universelle de 1992, d'un parc d'attraction momentanément fermé et... de la bouture universitaire dans lequel Cécile a ses cours. Déambulations hasardeuses en l'attendant dans des rues parsemées de bâtiments étranges.












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Il pleut des cordes ; Alphonse se meurt lentement. Nous nous réfugions dans le Centre Andalou d'Art Contemporain abrité par le monastère de Santa Maria de las Cuevaz. Si le principe du lieu d'exposition me plaît assez, leur collection, à quelques exceptions près, ne m'a pas particulièrement transportée... Mais si nous pouvons contribuez à la promotion de la création andalouse... L'exposition photos de la seconde partie du musée s'est avérée beaucoup plus enthousiasmante.
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Nous regagnons le centre-ville. Première véritable expérience de tapas sous le regard oppressant d'une gamine manifestement subjuguée par la motricité de nos machoires. Je pourrais me livrer à une apologie de la cuisine espagnol à grand renfort d'adjectifs dithyrambiques, mais ce serait cruel après un retour au régime Wurst-Kartoffel.
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Nous avons alterné visites (les Archives générales des Indes, l'Alcazar, la Giralda -dont nous ne pourrons compter les marches, pour cause ^^-, la cathédrale, la place d'Espagne -grandiose! enfin... ce qu'il en reste entre deux échaffaudages-, les arènes, le Musée des Beaux Arts pour une expo sur Murillo -grâcieusement mais involontairement invitée par un groupe de touristes hispaniques-), découverte de quartiers (Santa Cruz -addictif!-, Triana, la Macarena...), flâneries dans les jardins et pauses didactiques, musicales (si tant est que la litanie du chanteur de flamenco puisse être qualifiée de la sorte), gastronomiques (les churros con chocolate, le tinto de verano à l'effet Cécilo-destructeur, les tortillas, la graisse de p'eurk...) et économiques (shopping et castagnettes d'anniversaire obligent).
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Intermède salvateur! Et une folle envie de me mettre à l'espagnol. Un bilan un peu moins exalté pour ma généreuse hôtesse, désormais claudicante et quasi-invalide... Elle peut enfin se réjouir de sa quiétude retrouvée! Elle aura enduré les torsions de douleur de son estomac, la perte de son oeil droit, un cruel manque de sommeil et la mutilation de ses coussinets.
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Escortée du Courrier International, de mes deux heures de musique et d'Aimé Césaire, je m'apprête donc regagner la plaine germanique...

Températures négatives. Trottoirs coccyxovores. Cols roulés et pulls en laine. PAUSE!


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Veille informatique tardive pour déterminer si le vol fera de moi l'équivalent d'une courgette tranchée et se disputer mes oripeaux. Puis trois heures de sommeil, pour la forme.
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Il est 5h. Et si Paris s'éveille, il n'en est pas de même pour Berlin. Du moins pas pour le Charlotten-bourgeois. Remontée de rues désertes pour prendre des bus aux 3/4 vides. Ponctuelle. Une fois n'est pas coutume...
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Mais à l'enregistrement, tout se complique. Entre les pilotes de la Lufthansa et les contrôleurs d'Air France, Iberia s'affole. Retard d'1h. Puis de 2. Le temps de profiter d'un débat sur l'importance des mathématiques pour la structuration de l'esprit, d'une description pleine d'emphase de la Kabylie, d'un exposé contestable (et contesté) de la politique sarkozyste, d'une communion littéraire et d'une remontée dans l'arbre généalogique de mon interlocuteur. 4h et sa carte de visite plus tard, l'avion s'envole enfin.
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Après un babillage interminable de paroles sacramentelles rythmé par le son des comptines marocaines, Sophie-Maria, 4 mois, procède à un baptème de l'air un peu tardif. En me recrachant au visage toute l'eau dont sa mère s'évertuait à lui emplir le gosier. Et devant mon manque d'enthousiasme manifeste, exprime par des lamentations assourdissantes le dépit que lui inspire mon apostasie.
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La température a sensiblement augmenté à Madrid. Manteau sur le bras. Disparition des guêtres. Abandon d'une première paire de collants. Puis d'une seconde. Tassement du blouson dans le sac. Et fin de l'effeuillage pour se hâter vers la porte d'embarquement, mes 6h d'attente initiales s'étant évanouies dans la file d'attente de Tegel. Pas de bébé, pas de comptine. Joie et félicité.
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17h, endlich Sévilla...

dimanche 17 janvier 2010

Le paradis? Französische Strasse, 24. Berlin.

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Opération procuration en vue des régionales.
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Par crainte d'un assaut du bâtiment par des hordes de francophones dès l'aurore, suite aux expériences malheureuses dans le même lieu et au souvenir du déferlement de serviabilité et d'affabilité auquel nous avions été confrontés, décision de s'y rendre dès l'ouverture. C'était sans compter la lutte pour ce haut lieu stratégique que représente une salle de bain, la tyrannie du sèche-cheveux matinal, mon incompréhensible aspiration à patauger dans la neige au lieu d'utiliser les transports en commun, ni les inévitables haltes photographiques.
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(...)
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Nos velléités d'attaques bactériennes furent percées à jour et nous pénétrâmes l'ambassade les mains désinfectées et délestés de nos portables après la rituelle traversée du portail de sécurité. Nous fûmes pris en charge par un costume anthracite aux larges épaules puis par une jolie métisse. (Pour rétablir la vérité sur l'amabilité du personnel, toutes les personnes à qui nous avons eu affaire se sont révélées pleines de bienveillance à notre égard. ) Première procuration. Deuxième procuration en raison des erreurs décelées dans la première.
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Nous resortîmes une heure plus tard et fîmes la rencontre déterminant notre matinée : le camion publicitaire Ritter Sport. Distribution d'échantillons afin de promouvoir l'ouverture d'un magasin consacré au chocolat "carré, pratique, gourmand".
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Nous oubliâmes instantanément Union Européenne, politiques comparées et relations internationales et nous mîmes en route pour le paradis. Ne paye pas de mine de l'extérieur. Portes vitrées à doubles vantaux surmontées d'une rangée de quadrilatères colorés, emblèmes de la marque. Un menu et quelques réclames perdus sur la droite. Et s'étalant en lettres capitales sur un mur blanchâtre : "BUNTE SCHOKOWELT".
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Mais une fois les portes franchies... "Admirabolescent!". "Une splendeurissimation!". Du chocolat de tous côtés. Des murs entiers recouverts de tablettes de Ritter Sport. Blanc, pâte d'amandes, noisettes entières, cornflakes, caramel, biscuit. Des fourrés, des pralinés. La possibilité de créer son propre parfum. De la guimauve, de l'anis, du gingembre, des smarties, du gianduja, des écorces d'orange.
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De multiples échantillons en poche, nous prîmes finalement la direction de la librairie. La garantie de parfaire notre journée!
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vendredi 15 janvier 2010

Samosas Vs pancakes





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Une étude de texte nécessite un minimum de minutie. La clé de la réussite : agir avec méthode en débutant par une première lecture attentive du contenu afin d'en découvrir le sens général.
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"Le club international de la Freie Universität Berlin vous convie à une soirée indienne le jeudi 14 janvier à partir de 18h à son clubhaus. Vous serons proposé : deux présentations du sous-continent, de la musique et des extraits de films bollywoodiens, une initiation à la danse indienne et un buffet composé des spécialités du pays. La délégation indienne et le club international se réjouissent de votre visite!"
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Visée informative. Vocabulaire concret. Les méthodes de diffusion de l'énoncé se rapprochaient davantage du style injonctif. Mais ne compliquons pas l'exercice et restons-en à la lettre.
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Procédons désormais une étude plus détaillée du vocable utilisé.
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"soirée" : l'emploi de ce terme souligne la nécessité d'accorder une attention toute particulière au vocabulaire. La "soirée" désigne l'espace de temps compris entre le déclin du jour et le moment où l'on s'endort. La critique n'est donc pas permise si la soirée s'étend de 18h à 21h. Il fait effectivement déjà nuit à 18h. L'horaire de départ laisse cependant présager de certaines dispositions à la narcolepsie.
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"jeudi 14 janvier" : soir des pancakes. Et de l'étude approfondie du microcosme de l'égotisme, de la pince à épiler, des toilettes fantaisistes inabordables et de la plastique parfaite. Un peu moins le soir des réflexions métaphysiques... Bref le soir de "Die Model-WG". Le climat allemand n'a aucun effet curateur sur les addictions pour les émissions télévisées honteuses. Et puis certaines personnes dont l'identité sera gardée secrète jubilent bien devant "Bauer sucht Frau" ;) Mon dur et sérieux labeur d'analyse tant sociologique que psychologique se voit donc repoussé d'une semaine.
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"indien" : l'imposture se laisse sentir au premier abord. L'aspect indien de la Regionalabend se limite à trois pétales de rose balancées au sol, une odeur d'encens entêtante et un poster du Taj-Mahal. Le tout accompagné de cinq brunettes en sari.
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"Clubhaus": 18h et des poussières devant une maisonnette de la Garystrasse. Un rapide coup d'oeil par la fenêtre. Une salle en sous-sol dotée d'une table de plastique blanche et trois bouteilles de sodas autour desquelles s'active une petite poignée d'étudiants. Il est peut-être temps de faire demi-tour ? Le froid, la faim et la curiosité ont poussé la porte à notre place. Sans regrets car...
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... des "présentations" instructives par des natives de New Dehli et de Mumbay. Informations, anecdotes, photos. Scepticisme cependant sur certains propos. "La discrimination liée à l'ancienne hiérarchisation en caste n'est plus du tout de vigueur en Inde". Blague.
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... un "buffet" divin. Behlpuri, chai, chutney, puris, lassi, shikanji, chapatis... Nos expatriées indiennes n'avaient lésiné ni sur les moyens, ni sur les efforts. Et se sont avérées être des cuisinières hors-pair.
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... de la "danse" sur des musiques dynamiques et entraînantes. Et kick par-ci, et kick par-là
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... une floppée d'individus sympathiques et souriants. Séduisants me souffle-t-on également. Peut-être.
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Le Luxembourg, ne remuant pas le bassin aux sons des cythares, finit par proposer l'hospitalité Becks à la clé. Migration quelques stations de métro plus loin.
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"Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester"
(proverbe... indien)

lundi 4 janvier 2010

What a fucking day!


Bonne année!
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Départ 12h30.
11h un sac aux 3/4 vide, le cheveu ébouriffé, l'oeil semi-ouvert.
12h Sortie de douche. Projection incohérente en direction de la valise.
12h25 Des vêtements, n'importe quoi, viiite!
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Bornes automatiques pourvues d'une hôtesse interdisant l'accès à l'écran. L'intérêt de l'appareil ?
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"Rangée ou fenêtre?" "Plutôt fenêtre s'il-vous-plaît" "Oups je suis allée trop vite, vous serez côté rangée" L'intérêt de l'hôtesse ?
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Pas d'avion. Francfort sous la neige, retard. Et une correspondance fortement compromise.
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Embarquement.
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Oh, la mignonne petite fille! Oh, le mignon petit garçon! Sanglots, hurlements, disputes. Des bras, des jambes, des mains, des boucles blondes et brunes s'agitant dans tous les sens. Une véritable danse de St Guy. Un siège recouvert de nourriture, de feutres, de bave et de morve. Et des parents qui s'exclament, qui photographient, qui s'extasient des frasques de leurs deux adorables bambins.
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Francfort. Course jusqu'à mon terminal. Traversée de l'aéroport. Porte A1. Bruxelles, Bruxelles, Bruxelles. Semblant de panique. Berlin porte A11. Demi-tour. Avion de nouveau -et heureusement- retardé. Un peu. Beaucoup. Un café. Un journal. Un deuxième café. Pleine de confiance envers ma compréhension de la langue allemande après deux semaines de rupture complète avec le monde germanique, je demande confirmation à mon voisin de gauche. Celui-ci se sent obligé de faire la conversation... "Oh Frrrance! Bônn'euh année!" Et le voilà qui m'expose sa Saint Sylvestre, son amour pour Paris, ses voyages précédents, sa dernière expérience malheureuse au Fraport (trois heures de retard). Se met également en tête de me traduire toutes les annonces. Je n'avais pas non plus demandé un interprète... L'intention prime.
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Attente dans l'allée centrale. Un sac de voyage au volume de ma valise en soute vient se loger dans mes reins à échéance régulière. Mon nouvel ami de la salle d'embarquement, déjà assis, me fait signe de la main. Je rejoins ma place, adresse un sourire poli et majestueusement ignoré au siège adjacent occupé par une quinquagénaire cuirassée de bijoux. Je pousse alors un peu plus loin l'arrogance en osant la saluer. Regard méprisant.
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Berlin. Tapis roulant. Deux sacs de voyage, un long colis non identifiable. Puis... rien. 1h d'attente et d'irritation croissante de mes petits camarades de vol pour récupérer nos bagages.
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Transie. Les pieds ensevelis dans plusieurs centimètres de neige dont j'essaye d'extraire les roues de ma valise. Pas de doute, je suis bien arrivée.
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Transport laborieux de ma valise à l'étage. Je pousse la porte.
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Des sourires chaleureux.
Un paquet de Stollen déposé sur mon bureau.
Ainsi qu'une édition de journal du lendemain de la déclaration de guerre dénichée dans une brocante.
Une rapide connexion internet d'apaisement parental, contrepartie des 5 messages d'interrogation, de menace puis d'angoisse laissés sur mon répondeur. Ultime sursaut avant 6 mois de silence?
Une tasse de thé fumante m'attendant à la cuisine.
Un rapide pélerinage devant le sapin familial n'ayant pas encore pris feu malgré la quantité astronomique de bougies dont il est affublé.
Un résumé détaillé de mes deux semaines d'absence.
Des anecdotes à la pelle.
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Mais qui a parlé de se plaindre?