vendredi 26 mars 2010

... voir les baleines à la place du métro...

.
..
Quitter le froid, la grisaille, le vent et les averses pour... le froid, la grisaille, le vent et les averses, mais la mer en plus!
.
Nous nous engouffrons aux aurores dans un bus pour apparatchiki. Le sommeil l'emporte rapidement sur notre excitation. Réaction corporelle salutaire : la solution de facilité pour faire abstraction des rafales de neige frappant sans relâche les vitres du véhicule..
.
Rostock. Et les 1ers déboires logistiques. Extorquer un titre de transport à un automate récalcitrant s'obstinant à éconduire toute pièce d'une valeur supérieure à 10 centimes. Recours à la solidarité du Parti pour rassembler 4,50 euros de ferrailles en acier cuivré... Puis se tromper de trams une ou deux fois avant de rejoindre à pieds la "rue Wikipédia", alternant pauses gâteau(trouverons-nous un jour une faille chez Pauline?) et pauses photos.
..
Des vieux partout. Un essaim de têtes chenues. Ou supposées telles puisque surmontées d'une casquette de marin ou d'une toque de fourrure, les deux allant souvent de pair. Autant de couvre-chefs excitèrent la fibre consommatrice hypertrophiée de la récente accro du shopping qui repartira chapeautée.
.
Mon ex-future université. La Marienkirche. Les toilettes du centre commercial. Le Neuer Markt et ses six rescapées des bombardements. L'Hôtel de ville en carton-pâte. Au regard (de fait considérablement embrumé) du brouillard ambiant, nous décidâmes d'un commun accord qu'il était inutile de grimper la tour réputée pour sa vue. Une dernière tentative de remontée des quais à contre-vent et, las de grelotter sous la pluie, nous mîment le cap sur Warnemünde. Et puis nous commencions à avoir faim...
.
Comme un air Deauvillais... La jeunesse locale se promène d'ailleurs en mocassins et cartables en cuir. Un verre de vin chaud afin de redonner un semblant de sensibilité à des lèvres et des mains anesthésiées par le froid. Flâner le long du canal. Puis la Baltiiique! Le fracas des vagues sur la grève. Le cri des mouettes. Les bourrasques de vent dans les voiles. Tous ces bruits que nous aurions entendu sans l'hystérique gesticulant, criant, trépignant, courant, et s'égosillant en battant des bras dans l'attente d'une réaction à coups de corne de brume (Pauline avait donc une faille).
.
Le cuir de nos bottes rongé par le sable et le sel, nous respirâmes à plein poumons les embruns marins entre deux séances d'éternuements et de maniement de mouchoirs... Puis nous nous réfugiâmes entre un espadon et une paire de seins et puisâmes des forces dans les molécules électromagnétiquement agitées de nos breuvages.
.
Puis retour au centre historique. Un monastère. Une expo photos "où est Siegfried ?". De paaaaalpitantes vitrines de faïences compensées par une collection de jouets anciens à faire pâlir d'envie l'autre barbu au costume rouge.
.
La journée ne pouvait s'achever sans un aperçu de la gastronomie locale. Nous nous arrêtâmes donc... à une enseigne bien connue pour l'image saine et sportive qu'elle véhicule de par le monde. Et nous rejoignîmes la gare routière l'estomac lesté d'un McFlurry, aux sons des sabots d'Hélène.
.
Un peu d'avance sur l'horaire de départ. Le temps de faire l'inventaire du dépôt de fruits et légumes sans fruits ni légumes du coin. Le regard insistant et soupçonneux de la vendeuse nous mit (plus ou moins) rapidement à la porte.
Et... les minutes défilent (lentement) et toujours pas de bus. Impatience. Inquiétude. AFFOLEMENT GENERAL. Nous sommes bientôt rassurés : Cucule ne mourra pas de faim!
.
Mais fausse alerte. Nous regagnâmes Berlin ressourcés, l'esprit encore perdu au large de la côte septentrionale.

mercredi 10 mars 2010

Un déjeuner (presque) parfait

.
Parce que "le repas de l'étudiant" ne rime pas (uniquement) avec "des pâtes à tout bout de champ", rude compétition culinaire à l'intersemestre!

...
Acte 1 : "Chez Cucule et Pauline", une plongée dans le Moyen-Orient

.



"Celui qui a faim
le lundi matin,
doit réserver son appétit
pour le repas de midi"
.
(proverbe cuculien, photo du philosophe à l'appui)
.

.

La déco...

.

.
.
.
.
Entrée : grains de folie aux légumes déjantés (taboulé à l'orange et houmous)

























.
Plat principal : l'ubkjof aux poires de sol (tajine d'agneau aux pommes de terre).
.
.


Dessert : anglais de 5h et tortures de balance (thé à la menthe et cornes de gazelle)






















dimanche 7 mars 2010

No me ha dejado... Sevilla ♥

.
Séville, la joie de vivre de ses habitants, son patrimoine artistique, son rythme décalé, son ambiance de ville du sud, sa gastronomie, son architecture mauresque, sa musicalité espagnole... Conquise!
.

.
5 jours d'engouement permanent. 5 jours d'agonie duperronnienne. 5 jours de dégradations météorologiques.
.
Soleil et chaleur à l'arrivée. Accueil de la Sévillane d'adoption encore toute pimpante. Navette en direction de la fac, une ancienne manufacture des tabacs (tiens ?), pour une petite heure de révisions géopolitiques. Tour du quartier et visite des locaux. Des orangers partout. Rencontre de mes futurs hôtes qui ne savent rien de la nuit qu'ils vont devoir endurer en accueillant deux greluches sous leur toit. Puis nous regagnons la maison, truffes au sol, pour tenter de retrouver les clés que sa résidente pense avoir semées en courant pour parvenir à l'heure à l'aéroport. Et plongées dans nos guides touristiques, nous élaborons le programme des jours à venir.
.
Vient le début de la tempête. Matinée sur l'ïle de la Cartuja, qui n'a d'île que le nom, lieu de l'exposition universelle de 1992, d'un parc d'attraction momentanément fermé et... de la bouture universitaire dans lequel Cécile a ses cours. Déambulations hasardeuses en l'attendant dans des rues parsemées de bâtiments étranges.












.
Il pleut des cordes ; Alphonse se meurt lentement. Nous nous réfugions dans le Centre Andalou d'Art Contemporain abrité par le monastère de Santa Maria de las Cuevaz. Si le principe du lieu d'exposition me plaît assez, leur collection, à quelques exceptions près, ne m'a pas particulièrement transportée... Mais si nous pouvons contribuez à la promotion de la création andalouse... L'exposition photos de la seconde partie du musée s'est avérée beaucoup plus enthousiasmante.
.









.
Nous regagnons le centre-ville. Première véritable expérience de tapas sous le regard oppressant d'une gamine manifestement subjuguée par la motricité de nos machoires. Je pourrais me livrer à une apologie de la cuisine espagnol à grand renfort d'adjectifs dithyrambiques, mais ce serait cruel après un retour au régime Wurst-Kartoffel.
.











.
Nous avons alterné visites (les Archives générales des Indes, l'Alcazar, la Giralda -dont nous ne pourrons compter les marches, pour cause ^^-, la cathédrale, la place d'Espagne -grandiose! enfin... ce qu'il en reste entre deux échaffaudages-, les arènes, le Musée des Beaux Arts pour une expo sur Murillo -grâcieusement mais involontairement invitée par un groupe de touristes hispaniques-), découverte de quartiers (Santa Cruz -addictif!-, Triana, la Macarena...), flâneries dans les jardins et pauses didactiques, musicales (si tant est que la litanie du chanteur de flamenco puisse être qualifiée de la sorte), gastronomiques (les churros con chocolate, le tinto de verano à l'effet Cécilo-destructeur, les tortillas, la graisse de p'eurk...) et économiques (shopping et castagnettes d'anniversaire obligent).
.











.
Intermède salvateur! Et une folle envie de me mettre à l'espagnol. Un bilan un peu moins exalté pour ma généreuse hôtesse, désormais claudicante et quasi-invalide... Elle peut enfin se réjouir de sa quiétude retrouvée! Elle aura enduré les torsions de douleur de son estomac, la perte de son oeil droit, un cruel manque de sommeil et la mutilation de ses coussinets.
..
Escortée du Courrier International, de mes deux heures de musique et d'Aimé Césaire, je m'apprête donc regagner la plaine germanique...

Températures négatives. Trottoirs coccyxovores. Cols roulés et pulls en laine. PAUSE!


.
Veille informatique tardive pour déterminer si le vol fera de moi l'équivalent d'une courgette tranchée et se disputer mes oripeaux. Puis trois heures de sommeil, pour la forme.
.
Il est 5h. Et si Paris s'éveille, il n'en est pas de même pour Berlin. Du moins pas pour le Charlotten-bourgeois. Remontée de rues désertes pour prendre des bus aux 3/4 vides. Ponctuelle. Une fois n'est pas coutume...
.
Mais à l'enregistrement, tout se complique. Entre les pilotes de la Lufthansa et les contrôleurs d'Air France, Iberia s'affole. Retard d'1h. Puis de 2. Le temps de profiter d'un débat sur l'importance des mathématiques pour la structuration de l'esprit, d'une description pleine d'emphase de la Kabylie, d'un exposé contestable (et contesté) de la politique sarkozyste, d'une communion littéraire et d'une remontée dans l'arbre généalogique de mon interlocuteur. 4h et sa carte de visite plus tard, l'avion s'envole enfin.
.
Après un babillage interminable de paroles sacramentelles rythmé par le son des comptines marocaines, Sophie-Maria, 4 mois, procède à un baptème de l'air un peu tardif. En me recrachant au visage toute l'eau dont sa mère s'évertuait à lui emplir le gosier. Et devant mon manque d'enthousiasme manifeste, exprime par des lamentations assourdissantes le dépit que lui inspire mon apostasie.
.
La température a sensiblement augmenté à Madrid. Manteau sur le bras. Disparition des guêtres. Abandon d'une première paire de collants. Puis d'une seconde. Tassement du blouson dans le sac. Et fin de l'effeuillage pour se hâter vers la porte d'embarquement, mes 6h d'attente initiales s'étant évanouies dans la file d'attente de Tegel. Pas de bébé, pas de comptine. Joie et félicité.
.
17h, endlich Sévilla...