dimanche 17 janvier 2010

Le paradis? Französische Strasse, 24. Berlin.

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Opération procuration en vue des régionales.
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Par crainte d'un assaut du bâtiment par des hordes de francophones dès l'aurore, suite aux expériences malheureuses dans le même lieu et au souvenir du déferlement de serviabilité et d'affabilité auquel nous avions été confrontés, décision de s'y rendre dès l'ouverture. C'était sans compter la lutte pour ce haut lieu stratégique que représente une salle de bain, la tyrannie du sèche-cheveux matinal, mon incompréhensible aspiration à patauger dans la neige au lieu d'utiliser les transports en commun, ni les inévitables haltes photographiques.
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Nos velléités d'attaques bactériennes furent percées à jour et nous pénétrâmes l'ambassade les mains désinfectées et délestés de nos portables après la rituelle traversée du portail de sécurité. Nous fûmes pris en charge par un costume anthracite aux larges épaules puis par une jolie métisse. (Pour rétablir la vérité sur l'amabilité du personnel, toutes les personnes à qui nous avons eu affaire se sont révélées pleines de bienveillance à notre égard. ) Première procuration. Deuxième procuration en raison des erreurs décelées dans la première.
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Nous resortîmes une heure plus tard et fîmes la rencontre déterminant notre matinée : le camion publicitaire Ritter Sport. Distribution d'échantillons afin de promouvoir l'ouverture d'un magasin consacré au chocolat "carré, pratique, gourmand".
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Nous oubliâmes instantanément Union Européenne, politiques comparées et relations internationales et nous mîmes en route pour le paradis. Ne paye pas de mine de l'extérieur. Portes vitrées à doubles vantaux surmontées d'une rangée de quadrilatères colorés, emblèmes de la marque. Un menu et quelques réclames perdus sur la droite. Et s'étalant en lettres capitales sur un mur blanchâtre : "BUNTE SCHOKOWELT".
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Mais une fois les portes franchies... "Admirabolescent!". "Une splendeurissimation!". Du chocolat de tous côtés. Des murs entiers recouverts de tablettes de Ritter Sport. Blanc, pâte d'amandes, noisettes entières, cornflakes, caramel, biscuit. Des fourrés, des pralinés. La possibilité de créer son propre parfum. De la guimauve, de l'anis, du gingembre, des smarties, du gianduja, des écorces d'orange.
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De multiples échantillons en poche, nous prîmes finalement la direction de la librairie. La garantie de parfaire notre journée!
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vendredi 15 janvier 2010

Samosas Vs pancakes





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Une étude de texte nécessite un minimum de minutie. La clé de la réussite : agir avec méthode en débutant par une première lecture attentive du contenu afin d'en découvrir le sens général.
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"Le club international de la Freie Universität Berlin vous convie à une soirée indienne le jeudi 14 janvier à partir de 18h à son clubhaus. Vous serons proposé : deux présentations du sous-continent, de la musique et des extraits de films bollywoodiens, une initiation à la danse indienne et un buffet composé des spécialités du pays. La délégation indienne et le club international se réjouissent de votre visite!"
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Visée informative. Vocabulaire concret. Les méthodes de diffusion de l'énoncé se rapprochaient davantage du style injonctif. Mais ne compliquons pas l'exercice et restons-en à la lettre.
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Procédons désormais une étude plus détaillée du vocable utilisé.
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"soirée" : l'emploi de ce terme souligne la nécessité d'accorder une attention toute particulière au vocabulaire. La "soirée" désigne l'espace de temps compris entre le déclin du jour et le moment où l'on s'endort. La critique n'est donc pas permise si la soirée s'étend de 18h à 21h. Il fait effectivement déjà nuit à 18h. L'horaire de départ laisse cependant présager de certaines dispositions à la narcolepsie.
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"jeudi 14 janvier" : soir des pancakes. Et de l'étude approfondie du microcosme de l'égotisme, de la pince à épiler, des toilettes fantaisistes inabordables et de la plastique parfaite. Un peu moins le soir des réflexions métaphysiques... Bref le soir de "Die Model-WG". Le climat allemand n'a aucun effet curateur sur les addictions pour les émissions télévisées honteuses. Et puis certaines personnes dont l'identité sera gardée secrète jubilent bien devant "Bauer sucht Frau" ;) Mon dur et sérieux labeur d'analyse tant sociologique que psychologique se voit donc repoussé d'une semaine.
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"indien" : l'imposture se laisse sentir au premier abord. L'aspect indien de la Regionalabend se limite à trois pétales de rose balancées au sol, une odeur d'encens entêtante et un poster du Taj-Mahal. Le tout accompagné de cinq brunettes en sari.
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"Clubhaus": 18h et des poussières devant une maisonnette de la Garystrasse. Un rapide coup d'oeil par la fenêtre. Une salle en sous-sol dotée d'une table de plastique blanche et trois bouteilles de sodas autour desquelles s'active une petite poignée d'étudiants. Il est peut-être temps de faire demi-tour ? Le froid, la faim et la curiosité ont poussé la porte à notre place. Sans regrets car...
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... des "présentations" instructives par des natives de New Dehli et de Mumbay. Informations, anecdotes, photos. Scepticisme cependant sur certains propos. "La discrimination liée à l'ancienne hiérarchisation en caste n'est plus du tout de vigueur en Inde". Blague.
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... un "buffet" divin. Behlpuri, chai, chutney, puris, lassi, shikanji, chapatis... Nos expatriées indiennes n'avaient lésiné ni sur les moyens, ni sur les efforts. Et se sont avérées être des cuisinières hors-pair.
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... de la "danse" sur des musiques dynamiques et entraînantes. Et kick par-ci, et kick par-là
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... une floppée d'individus sympathiques et souriants. Séduisants me souffle-t-on également. Peut-être.
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Le Luxembourg, ne remuant pas le bassin aux sons des cythares, finit par proposer l'hospitalité Becks à la clé. Migration quelques stations de métro plus loin.
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"Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester"
(proverbe... indien)

lundi 4 janvier 2010

What a fucking day!


Bonne année!
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Départ 12h30.
11h un sac aux 3/4 vide, le cheveu ébouriffé, l'oeil semi-ouvert.
12h Sortie de douche. Projection incohérente en direction de la valise.
12h25 Des vêtements, n'importe quoi, viiite!
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Bornes automatiques pourvues d'une hôtesse interdisant l'accès à l'écran. L'intérêt de l'appareil ?
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"Rangée ou fenêtre?" "Plutôt fenêtre s'il-vous-plaît" "Oups je suis allée trop vite, vous serez côté rangée" L'intérêt de l'hôtesse ?
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Pas d'avion. Francfort sous la neige, retard. Et une correspondance fortement compromise.
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Embarquement.
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Oh, la mignonne petite fille! Oh, le mignon petit garçon! Sanglots, hurlements, disputes. Des bras, des jambes, des mains, des boucles blondes et brunes s'agitant dans tous les sens. Une véritable danse de St Guy. Un siège recouvert de nourriture, de feutres, de bave et de morve. Et des parents qui s'exclament, qui photographient, qui s'extasient des frasques de leurs deux adorables bambins.
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Francfort. Course jusqu'à mon terminal. Traversée de l'aéroport. Porte A1. Bruxelles, Bruxelles, Bruxelles. Semblant de panique. Berlin porte A11. Demi-tour. Avion de nouveau -et heureusement- retardé. Un peu. Beaucoup. Un café. Un journal. Un deuxième café. Pleine de confiance envers ma compréhension de la langue allemande après deux semaines de rupture complète avec le monde germanique, je demande confirmation à mon voisin de gauche. Celui-ci se sent obligé de faire la conversation... "Oh Frrrance! Bônn'euh année!" Et le voilà qui m'expose sa Saint Sylvestre, son amour pour Paris, ses voyages précédents, sa dernière expérience malheureuse au Fraport (trois heures de retard). Se met également en tête de me traduire toutes les annonces. Je n'avais pas non plus demandé un interprète... L'intention prime.
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Attente dans l'allée centrale. Un sac de voyage au volume de ma valise en soute vient se loger dans mes reins à échéance régulière. Mon nouvel ami de la salle d'embarquement, déjà assis, me fait signe de la main. Je rejoins ma place, adresse un sourire poli et majestueusement ignoré au siège adjacent occupé par une quinquagénaire cuirassée de bijoux. Je pousse alors un peu plus loin l'arrogance en osant la saluer. Regard méprisant.
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Berlin. Tapis roulant. Deux sacs de voyage, un long colis non identifiable. Puis... rien. 1h d'attente et d'irritation croissante de mes petits camarades de vol pour récupérer nos bagages.
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Transie. Les pieds ensevelis dans plusieurs centimètres de neige dont j'essaye d'extraire les roues de ma valise. Pas de doute, je suis bien arrivée.
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Transport laborieux de ma valise à l'étage. Je pousse la porte.
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Des sourires chaleureux.
Un paquet de Stollen déposé sur mon bureau.
Ainsi qu'une édition de journal du lendemain de la déclaration de guerre dénichée dans une brocante.
Une rapide connexion internet d'apaisement parental, contrepartie des 5 messages d'interrogation, de menace puis d'angoisse laissés sur mon répondeur. Ultime sursaut avant 6 mois de silence?
Une tasse de thé fumante m'attendant à la cuisine.
Un rapide pélerinage devant le sapin familial n'ayant pas encore pris feu malgré la quantité astronomique de bougies dont il est affublé.
Un résumé détaillé de mes deux semaines d'absence.
Des anecdotes à la pelle.
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Mais qui a parlé de se plaindre?